Afrikati - Développer l’Afrique intelligemment ! Afrikati - A smarter development of Africa ! Afrikati - Développer l’Afrique intelligemment ! https://afrikati.com Tue, 18 Dec 2018 06:27:23 +0000 Joomla! - Open Source Content Management en-gb L’entrepreneuriat social: levier d’autonomisation de la jeunesse https://afrikati.com/index.php/francais/item/739-l’entrepreneuriat-social-levier-d’autonomisation-de-la-jeunesse https://afrikati.com/index.php/francais/item/739-l’entrepreneuriat-social-levier-d’autonomisation-de-la-jeunesse

 

                       « Incarnez le changement que vous voulez voir dans le monde. »
                                                                                                                  – Mahatma Gandhi

Les jeunes africains doivent être conscients du rôle qu’ils ont à jouer dans la définition des dynamiques du continent. Si structurer un système éducatif centré sur les besoins(1) permet d’aider les jeunes à développer des compétences adaptées, convertir la jeunesse en moteur de changement passe notamment par sa capacité à : se mobiliser pour faire face aux défis que doit relever le continent, lancer des initiatives entrepreneuriales et assumer ses responsabilités quant au devenir de l’Afrique.

Le besoin en matière d’entrepreneuriat social semble donc légitime, dans la mesure où il transforme les jeunes en leader, en pilote de projets et en chef d’entreprises. L’entrepreneuriat social apparait non seulement comme un moyen d’enrayer le chômage chez les jeunes Africains, mais aussi comme vecteur de changement au sein de communautés locales. D’où la nécessité pour les autorités de mettre en place un cadre approprié qui permettra de vulgariser l’entrepreneuriat social auprès des jeunes.

Faire des jeunes Africains des agents de changement

Le niveau élevé du chômage chez les jeunes constitue une véritable préoccupation. Aujourd’hui, deux tiers des africains ont moins de 35 ans et, à horizon 2020, 3 africains sur 4 auront en moyenne 20 ans(2). Mieux éduquée mais moins susceptible d’accéder à l’emploi par rapport à la génération de ses parents, cette jeunesse est une épée à double tranchant pour le continent : un facteur de croissance si suffisamment d’emplois sont créés pour répondre à la demande ou une bombe à retardement susceptible de déclencher des bouleversements sociaux.

D’ici 2035, la population africaine en âge de travailler dépassera celle de la Chine(3) alors que le marché de l’emploi demeurera incapable d’absorber la croissance des jeunes actifs. Afin d’enrayer cette “oisiveté contrainte”, il est nécessaire que les jeunes africains lancent des initiatives qui leurs sont propres. Pourquoi? Afin qu’ils contribuent activement à construire l’environnement dans lequel ils souhaitent évoluer et aient un impact positif sur leurs communautés.

C’est précisément là qu’intervient l’entrepreneuriat social, dans la mesure où il met un terme à la passivité des jeunes africains et leur permet d’impulser le changement dont leurs communautés ont besoin. Au lieu de faire partie intégrante du problème, ils deviennent une composante clé de l’éventail de solutions.

Il promeut la collaboration entre les membres d’une même communauté et applique les stratégies commerciales ; l’objectif étant non pas la maximisation des profits, mais plutôt l’accroissement du bien-être social et environnemental. L’entrepreneuriat social promeut des valeurs traditionnelles et privilégie une approche humaniste des affaires. Une telle approche peut prendre différentes formes : coopératives, entreprises sociales ou encore organisations caritatives. De ce fait, l'entrepreneuriat social s’illustre comme une composante non négligeable du mix de solutions permettant de lutter contre le chômage chez les jeunes.

L’entrepreneuriat social peut avoir un impact significatif sur les communautés locales

Les initiatives en matière d’entrepreneuriat social constituent de véritables facteurs de changement. Les deux exemples ci-après illustrent les impacts envisageables.

Empowerment and Livelihood for Adolescents Program (ELA) – OUGANDA(4)

Lancé en 2008, ELA résulte d’un partenariat entre l’ONG BRAC et la fondation MasterCard. Le dispositif, qui cible les adolescentes, combine des actions visant à leur autonomisation, telles que la sensibilisation sur les questions de santé et le développement de compétences, avec des formations professionnelles et l’enseignement des bases de la gestion financière. Sous la supervision de mentors forms par BRAC, les jeunes filles dirigent des sessions d’apprentissage dans un “espace sécurisé” où elles peuvent s’exprimer librement, à l’abri des pressions liées à leur faible niveau de vie et à la prédominance des hommes de la communauté.
Ce système d’accompagnement par des pairs propose une démarche évolutive, les bénéficiaires des formations deviennent à leur tour mentors, et produit des résultats mesurables : revenus générés par une activité entrepreneuriale (+35%), augmentation des dépenses de consommation (+33%), taux de grossesses précoces (-28.6%), utilisation du préservatif (+12.6 points de base parmi les filles s’étant déclarées comme sexuellement actives), relations sexuelles contraintes (- 83%).

Diepsloot Youth Projects (DYP) – AFRIQUE DU SUD(5)

“Faire en sorte que les jeunes s’aident eux-mêmes”, DYP est une Organisation pour le Développement de la Jeunesse qui vise à améliorer les capacités des jeunes en les aidant à développer des compétences utiles pour identifier et saisir les opportunités qu’offre leur environnement.
DYP atteint cet objectif en organisant des sessions d’information et en proposant des formations sur l’entrepreneuriat et le développement de compétences. DYP a mis en place des programmes de santé, des camps de développement du leadership, et des initiatives de volontariat/sensibilisation. A travers des formations en menuiserie et en informatique ainsi que des ateliers de développement des compétences, DYP promeut aussi l’acquisition de savoir-faire et la mise en place de projets générateurs de revenus. L’entrepreneuriat social peut résolument contribuer à transformer une communauté. En impliquant les habitants locaux dans la résolution des problèmes et en les formant, il permet de développer des ressources mobilisables pour l’amélioration des standards de vie au sein de la communauté.

L’entrepreneuriat social représente ainsi une opportunité pour les jeunes de devenir des acteurs à part entière du changement en Afrique. Grâce à l’entrepreneuriat social, les jeunes africains ne se contentent pas de « se sortir du chômage », ils sont vivement incités à créer le changement au sein de leur communauté, avec leurs pairs. Ils acquièrent une motivation inébranlable qui alimente leurs capacités à lancer des initiatives.

En plus de proposer des solutions tangibles à des challenges locaux, l’entrepreneuriat social permet d’acquérir des compétences qui bénéficieront aux jeunes à plusieurs niveaux. En effet, la structuration et le pilotage réussi d’un projet en entrepreneuriat social nécessitent d’adopter la même démarche que pour un projet entrepreneurial classique : identifier les opportunités, maximiser la création de valeur pour la communauté et assurer la déclinaison opérationnelle du plan d’action.

Tout au long de ce process, l’entrepreneur en herbe développe une palette de compétences telles que : le leadership/la capacité à superviser, la communication, la gestion financière et la tenue de comptes, le suivi d’activité et le marketing.

Comment mettre en place un environnement favorable à l’éclosion d’initiatives en matière d’entrepreneuriat social ?

Construire un écosystème favorable à l’entrepreneuriat social

La question clé à poser ici est la suivante : comment favoriser le développement de l’entrepreneuriat social ? De même qu’ils prennent des mesures visant à améliorer le climat des affaires pour accompagner le développement du secteur privé, les pouvoirs publics doivent mener des actions en faveur de l’entrepreneuriat social. Une telle démarche être réalisée directement, via des structures d’état, ou indirectement, via des tiers, tels que des ONG.

Les gouvernements doivent impulser une dynamique, en établissant une “stratégie de l’entrepreneuriat social pour les jeunes”. Cette démarche pourrait être concrétisée par des actions telles que : des campagnes locales de sensibilisation des jeunes, des concours pour susciter l’émulation et récompenser les idées innovantes. La gestion de ce dispositif pourrait être déléguée à des autorités locales telles que les conseils municipaux ; l’idée étant de stimuler l’entrepreneuriat social en améliorant l’écosystème.

Les gouvernements peuvent aussi agir indirectement en subventionnant les structures non-gouvernementales qui aident les jeunes à créer, développer et pérenniser leurs projets entrepreneuriaux. En effet, les pouvoirs publics pourraient financer des programmes d’assistance technique et de renforcement des capacités que des ONG proposeraient gratuitement aux jeunes. Afin d’assurer la transparence et l’objectivité de ces initiatives, les ONG devront en mesurer l’impact : nombre de jeunes accompagnés, nombres de projets effectivement lancés, bienfaits pour la communauté, revenus générés.

Pour conclure, l’entrepreneuriat social offre des solutions jusqu’ici inexploitées en matière de lutte contre le chômage chez les jeunes. Développer le potentiel de ce type d’initiative et optimiser les bénéfices qui en résultent repose sur l’implication de l’intégralité des parties prenantes, notamment les pouvoirs publics et les jeunes africains. « Un pessimiste voit la difficulté dans chaque opportunité, un optimiste voit l'opportunité dans chaque difficulté. » - Winston Churchill.

(1) http://afrikati.com/index.php/francais/item/737-vers-une-%C3%A9ducation-centr%C3%A9e-sur-les-besoins    
(2)  http://www.africa-youth.org/    
(3)  Mo Ibrahim Foundation, « African Youth : fulfilling the potential », November 2012,  http://www.moibrahimfoundation.org/downloads/2012-facts-and-figures.pdf    
(4)  http://www.youth-employment-inventory.org/inventory/view/542/    
(5) http://www.diepslootyouth.webs.com/

 

 

 

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Blog Francais Thu, 21 Nov 2013 01:07:25 +0000
Vers une éducation centrée sur les besoins https://afrikati.com/index.php/francais/item/737-vers-une-éducation-centrée-sur-les-besoins https://afrikati.com/index.php/francais/item/737-vers-une-éducation-centrée-sur-les-besoins

                   « L’éducation est l’outil le plus puissant pour changer le monde. »
                                                                                            - Nelson Mandela, discours au Planétarium, 16 juillet 2003

Développer l’Afrique impliquera des talents. Faute d’en avoir assez, ces talents, elle doit les former. L’éducation devrait donc mettre la résolution de problématiques locales au coeur de la formation. C’est d’autant plus nécessaire que l’Afrique dispose de moyens financiers limités. Au lieu de former des diplômés qui disposent uniquement d’un savoir théorique peu utile localement, nous devrions partir de la demande actuelle et future : de quelles compétences le pays a besoin ? Comment le système éducatif peut répondre efficacement à ce besoin?

 Dans cet article, je me concentre sur l’économie1 et propose une approche en 3 étapes :

1. Sélectionner les industries à développer : celles pour lesquelles le pays dispose d’avantages compétitifs et celles qui sont indispensable au développement
2. Importer le top du savoir-faire dans ces industries : en formant des nationaux à l’étranger et en attirant dans le pays des étrangers qualifiés
3. Concevoir des cursus académiques sur mesure : afin de former des diplômés avec le bon niveau de compétences pour les industries locales.

Un décalage clair entre le système éducatif et l’économie

Les systèmes éducatifs d’Afrique Sub-Saharienne (ASS) performent relativement bien d’un point de vue quantitatif. En effet, les inscriptions aux niveaux primaire, secondaire et supérieur y ont considérablement progressé, même si elles demeurent très basses par rapport aux autres régions. Désormais, 6%2 d’une classe d’âge (vs. 26% au niveau mondial) effectue des études supérieures. Selon l’UNESCO3 , le nombre total d’étudiants du supérieur en ASS est passé de 0,2 million en 1970 à 4,1 million (sur 152 million dans le monde), soit une multiplication par 20.

Le problème est plutôt au niveau de la nature des diplômés : d’une part, beaucoup sont dans des domaines d’études déconnectés des besoins des entreprises locales (fléchage des diplômés) ; d’autre part la majeure partie a plus un bagage théorique qu’un réel savoir-faire concret (qualité des diplômes).

Le décalage entre les domaines d’études des diplômés (système éducatif) et les besoins en compétences des entreprises locales (l’économie) est consternant. Pensez ! Alors que les emplois de la région sont dominés par l’agriculture et les industries extractives, les sciences économiques et sociales sont surreprésentées parmi les diplômés (cf. Graphe 1). Une telle défaillance dans le fléchage des diplômés vient sans doute du fait que les pays africains se sont fortement inspirés de leurs anciennes métropoles coloniales et que former dans ces domaines (ex : sociologue) revient moins cher à l’Etat que dans les domaines scientifiques (ex : médecine, ingénieurs) qui nécessitent des équipements coûteux.

Graphe 1: Poids des domaines dans l’enseignement supérieur et la population active

En clair, pendant qu’une entreprise de construction cherche des maçons compétents, on lui présente des philosophes et des sociologues. Rien de surprenant donc à ce que les enquêtes de la Banque Mondiale révèlent que les difficultés de recrutement soient un frein à l’activité économique en Afrique. Que ce soit clair : je ne remets pas en cause l’utilité des sciences économiques et sociales. Je critique l’efficacité du fléchage d’un système éducatif qui utilise ses moyens limités pour former la majorité des jeunes dans des domaines qui les conduiront presqu’inévitablement au chômage. Ce faisant, ce système est simultanément incapable de répondre aux besoins des quelques entreprises locales qui recherchent des compétences précises pour croître et se développer.

Ensuite vient le problème de la qualité des formations. Même pour ceux qui ont des diplômes dans des domaines ‘utiles localement’, le décalage entre leur savoir livresque et le savoir-faire que les entreprises recherchent est un réel obstacle. Par exemple, alors que le Cameroun compte près de 25 000 étudiants dans les domaines scientifiques, la construction du pipeline Tchad-Cameroun a nécessité le concours de travailleurs étrangers, pour des tâches aussi basiques que le soudage. Par ailleurs, des 6 000 élèves ingénieurs du pays, très peu sont capables d’utiliser leurs connaissances en mécanique pour apporter des solutions concrètes aux problèmes locaux. Loin d’être anecdotique ou spécifique au Cameroun, ceci montre l’énorme décalage entre les promotions de diplômés et les vrais besoins.

Planifier les besoins actuels et futurs en main d’oeuvre. Puis en déduire le mix de diplômés

Afin d’éviter un tel gaspillage de moyens ô combien limités, les pays africains doivent partir de la demande actuelle et future : commencer par planifier les besoins actuels et à venir des entreprises locales et ensuite anticiper le type de diplômés dont le pays a besoin. Pour ce faire, le gouvernement devrait travailler en coopération avec les associations professionnelles des entreprises de chaque industrie. Cette approche se décline en 3 étapes majeures :

1. Sélectionner des industries à développer

L’utilisation efficace des ressources commence par la sélection d’industries à développer. D’une part, il s’agit de secteurs dans lesquels le pays a de réelles chances de réussir grâce à ses avantages compétitifs. D’autre part il s’agit de secteurs incontournables pour se développer tels le BTP/construction qui est indispensable à la construction de routes, écoles et hôpitaux. Le Maroc est un bon exemple car il a identifié des secteurs clé (tels que l’automobile, l’aéronautique…) dans son plan stratégique de 2003. Depuis, les politiques d’éducation, fiscales, d’infrastructures et de zones économiques spéciales ont été décidées à l’aune de ce plan. Les résultats sont déjà perceptibles à travers les investissements majeurs effectués dans le pays, comme ceux du constructeur français d’automobiles Renault qui y a construit une usine.

L’Afrique Sub-Saharienne devrait s’en inspirer. Par exemple, le Kenya pourrait bâtir une stratégie dans l’industrie des technologies en s’appuyant sur son écosystème de startups et ses success stories telles que M-Pesa4 ou Ushaidi5 . L’industrie de la tech serait donc l’un des secteurs clé du pays.

2. Importer le top du savoir-faire

Acquérir un savoir-faire pointu dans une industrie (indispensable pour réussir dans une concurrence mondiale) à partir de rien prend beaucoup de temps. Afin d’accélérer le processus d’apprentissage, les pays africains devraient envoyer leur nationaux à l’étranger se former et simultanément attirer dans le pays des étrangers experts du domaine à travers des programmes spécifiques (zones spéciales, dispositifs fiscaux, très haut salaires proposés temporairement…). Le concours international de startups (Startup Chile6) organisé par le gouvernement chilien est un bon exemple en la matière. Chaque année des centaines d’entrepreneurs et startups de classe mondiale participent à ce concours qui propose aux lauréats 40 000 dollars américains, un visa d’un an et un accès au nec plus ultra des personnalités et capitaux du pays. Ainsi en 2010, 22 startups (sur plus de 300 candidates) de 14 pays ont rejoint le Chili. Un tel afflux annuel d’innovateurs hors pair qui viennent s’installer diffuse des compétences pointues auprès des Chiliens qui travaillent aux côtés de ou pour ces startups.

Pour notre exemple, le Kenya pourrait envoyer des ressortissants dans des hubs technologiques de premier plan (Silicon Valley, Israël…) et offrir des exemptions fiscales pour attirer des startups et investisseurs étrangers de premier plan.

3. Concevoir des cursus académiques sur mesure

Ce n’est qu’une fois que la demande actuelle et future dans une industrie est déjà planifiée et concrète que l’on peut penser à concevoir des cursus académiques sur mesure pour former à grande échelle des diplômés avec les bonnes compétences. A ce stade, le gouvernement peut se mettre en relation avec l’association professionnelle qui représente les entreprises du secteur pour concevoir ensemble les cursus optimaux. Tout le monde y trouve son intérêt : les établissements diminuent le taux de chômage de leurs diplômés et les entreprises trouvent des employés qualifiés. Là encore le Maroc nous fournit un bon exemple. La coopération entre le gouvernement marocain et le constructeur français Renault a débouché sur un institut7 qui forme des jeunes aux métiers de l’automobile au Maroc (pour l’usine Renault ou chez d’autres fournisseurs locaux).

De tels cursus conçus à partir de besoins réels anticipés devraient être la norme dans des pays qui ont peu de ressources à gaspiller. Par ailleurs, ces programmes contribuent également à faire avancer l’état de l’art dans le secteur à travers des contributions en R&D, innovation et des solutions aux problèmes.

D’une logique de ‘push’ à une logique de ‘pull’

Par conséquent, les systèmes éducatifs africains doivent changer de paradigme : d’une logique de ‘push’ où le mix de diplômés est décidé en avance et les entreprises doivent faire avec, à une logique de ‘pull’ où les besoins locaux (actuels et futurs) en compétences priment et le système éducatif s’adapte pour former les diplômés dont on a besoin. Autrement, on ne récoltera qu’un chômage de masse pour les diplômés et des difficultés pour les entreprises locales à trouver une main d’œuvre appropriée.

Reste maintenant à savoir si les Africains sont prêts pour ce changement de paradigme. Et toi, qu’en penses tu ? Devrait-on passer d’une logique de ‘push’ à une logique de ‘pull’ ? Pourquoi ? Ton avis nous intéresse au plus haut point.

 

(1) L’article porte sur l’’économie pour des raisons de concision. Société civile et Gouvernement ont également des besoins spécifiques tout aussi importants.
(2) Taux brut de scolarisation du supérieur : Total des inscriptions dans l'enseignement supérieur (ISCED 5 et 6), indépendamment de l'âge, exprimé en pourcentage de la population totale du groupe de cinq ans après la sortie de l'école secondaire.
(3) Source : UNESCO’s Global Education Digest 2009
(4) M-Pesa : http://en.wikipedia.org/wiki/M-Pesa
(5) http://www.ushahidi.com/
(6) http://startupchile.org/
(7) Institut de Formation aux Métiers de l’Automobile de Tanger Med

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christian.nouboue@afrikati.com (Christian Nouboue) Blog Francais Mon, 09 Sep 2013 21:52:02 +0000
Le développement de l’Afrique c’est maintenant ! https://afrikati.com/index.php/francais/item/734-le-développement-de-l’afrique-c’est-maintenant https://afrikati.com/index.php/francais/item/734-le-développement-de-l’afrique-c’est-maintenant

« Des personnes ordinaires, dans des endroits ordinaires, en faisant plein de choses ordinaires peuvent changer la face du monde. »                                                     

        - Proverbe africain de l’ethnie Xhosa (Tanzanie, Afrique du Sud, Botswana, Lesotho) 

Trop souvent associée à des évènements négatifs, l’Afrique a parfois été qualifiée de “continent sans espoir"(1). Aujourd’hui pourtant, je pense que les conditions sont réunies pour un vrai décollage du continent, à condition que les Africains s’engagent pleinement dans la résolution des problèmes qui sont les leurs. C’est un moment historique pour les Africains : après des décennies de rendez-vous manqués, l’Afrique est enfin prête à amorcer son développement

Cette conviction explique le lancement de ce blog, qui a 3 buts précis : Primo convaincre les plus sceptiques de la qualité des perspectives économiques africaines, opportunité historique pour amorcer un décollage. Deuxio convaincre TOUS les Africains, gouvernements, citoyens présents en Afrique et diaspora, de la nécessité de s’impliquer dans la résolution des problèmes du continent car seule cette implication collective de tous transformera la croissance économique en réel développement. Tercio, contribuer modestement à la définition des solutions à travers des analyses fondées sur des faits et enrichies des retours, nombreux j’espère, des lecteurs de ce blog. 

Des perspectives économiques positives, cadre idéal pour un décollage

Les économies africaines sont en croissance, et ce potentiellement pour un bon moment. Sur la décennie écoulée, l’Afrique Sub-Saharienne (ASS) a été la seconde région la plus dynamique du monde. Seule l’Asie en développement (grâce à la Chine) a eu une meilleure performance (cf. graphe 1). 

Graphe 1 : Evolution du PIB à prix constants de divers régions du monde

 

Encore plus marquant, pour la première fois, cette croissance n’est pas que le résultat d’un boom sur les matières premières et les facteurs sous-jacents de cette croissance sont durables :

  • Boom des matières premières : la croissance industrielle en Asie (Chine en particulier) a déclenché une compétition mondiale pour les matières premières, entraînant une montée des prix(2). Ceci a clairement été bénéfique pour les pays africains riches en matières premières. 
  • Une démographie favorable(3) : Sur la décennie, la population en ASS a cru (225 millions d’Africains supplémentaires), est devenue plus urbaine (120 millions d’Africains urbains supplémentaires) et a amélioré le ratio population active/population à charge grâce à la transition démographique (moins d’enfants par femme).
  • Emergence d’une classe moyenne : 355 millions(4) d’Africains dépensent déjà entre 4$ et 20$ par jour et les dépenses en consommation en Afrique devraient doubler d’ici 2020 pour atteindre 1000 milliards de dollars(4). Ceci créé des opportunités de taille pour les produits de grande consommation, la distribution, l’agroalimentaire, le secteur manufacturier et les services financiers qui représentent près de 40% de la croissance. 
  • Déploiement de la technologie : Même s’ils sont encore sensiblement inférieurs à ceux d’autres régions, les taux de pénétration des technologies (mobile, internet…) augmentent et améliorent la productivité sur le continent. L’Afrique est même à la pointe de certaines technologies telles que le paiement mobile(5).

Par conséquent, le monde entier croit au potentiel de l’Afrique : pour preuve, les Investissements Directs Etrangers (IDE) ont quadruplé sur la période 2000-2011 de 9,7 Milliards $ à 43 Milliards $ malgré un ralentissement lié à la crise.

La résolution des problèmes africains passe avant tout par l’implication des Africains

Malgré ce potentiel, il reste de nombreux défis à relever afin de mettre durablement l’Afrique sur la trajectoire du développement. Les relever impliquera différents acteurs, des gouvernements au secteur privé en passant par la société civile et les organisations internationales. Néanmoins les acteurs clés restent les Africains eux-mêmes car aucun pays ne s’est développé sans l’implication de ses propres citoyens et élites. Pour cette raison, je pense sincèrement que chaque Africain devrait s’impliquer dans la résolution de problèmes africains à hauteur de ses moyens et en fonction de ses compétences. C’est d’autant plus nécessaire que l’Afrique dispose déjà de ressources limitées en compétences humaines.

Beaucoup d’Africains objectent, à juste titre, que les gouvernements africains actuels peuvent décourager les meilleures initiatives. D’autres rétorquent qu’ils ne s’investiront pas personnellement pour aider leurs pays car ces derniers ne leur ont jamais été d’aucune assistance voire sont de réels entraves à leur vies (ex : lenteur administrative et corruption). Je voudrais leur dire que nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir une relation purement contractuelle avec nos jeunes Etats (« J’aide mon pays à condition qu’il m’ait déjà aidé ») comme le font les citoyens des pays développés, précisément parce nos Etats sont encore jeunes. Les Etats matures – tels que les Etats-Unis ou les Etats européens – sont le résultat de siècles d’implication d’individus éclairés qui ont donné de leur temps et de leurs idées – parfois au péril de leurs vies – afin de construire les fondements des institutions actuelles de ces pays. La plupart d’entre eux ont sans doute donné plus à leurs pays qu’ils n’en n’ont reçu car étaient plus intéressés par l’avenir meilleur qu’ils laissaient à leurs enfants.

Comme illustré par la citation d’introduction, l’implication profonde de « citoyens normaux » peut vraiment changer la donne sur le continent, indépendamment des actions menées par les gouvernements. Nous devons donc prendre nos responsabilités en tant que citoyens et donner de notre temps, de nos idées et de nos compétences afin de régler nos problèmes une fois pour toute. D’ailleurs je pense que c’est une opportunité historique de concevoir les modèles de nos pays et de contribuer de manière significative à la définition des fondements de nos sociétés de demain. Cette perspective, selon moi, offre d’ailleurs plus de sens à la vie que d’avoir une relation purement contractuelle avec nos gouvernements.

Ce blog est ma modeste contribution à la définition de solutions pour le continent Africain

Fermement convaincu du rôle que peuvent et doivent jouer les Africains afin de transformer cette opportunité en réel décollage, j’ai décidé de commencer ce blog afin de contribuer à la résolution de problèmes africains. En tant que consultant en stratégie, j’ai pensé que la contribution la plus efficace que je pouvais faire était d’appliquer la même rigueur analytique – au mieux de mes capacités – à la recherche de solutions pour l’Afrique.

A travers ce blog, je ferai de mon mieux pour partager des recommandations fondées sur des faits permettant de relever les défis qui sont les nôtres. Vos retours et critiques sont non seulement les bienvenus mais également nécessaires au parachèvement de ces solutions car, même avec la meilleure des intentions, on peut occasionnellement passer à côté de points importants. Grâce à votre aide, on peut commencer à produire des mesures prêtes à être implémentées pour le jour où nos gouvernements seront disposés à les mettre en œuvre. En effet, tôt ou tard, tout gouvernement pas vraiment intéressé par le bien être général finit par laisser la place à un gouvernement plus consciencieux.

Par conséquent, Africains et amis de l’Afrique, je vous invite à me faire part de vos retours sur les propositions que je compte faire. Lisez, aimez, critiquez, partagez, suivez nous sur les réseaux sociaux afin d'être au courant de nos articles et prenez part à la formidable aventure qui finira par contribuer au développement de l’Afrique : il est grand temps de développer ce continent !!

Sur une note plus légère, voici une vidéo (en Anglais) sur un milliard de raisons…de croire en l’Afrique. 


(1) The Economist, 13 mai 2000

(2) L’indice des prix des matières premières calculé par le FMI, qui est une moyenne de divers prix de matières premières, a plus que triple entre 2000 et 2012

(3) Source: Banque Africaine de Développement

(4) Source : Banque Africaine de Développement

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christian.nouboue@afrikati.com (Christian Nouboue) Blog Francais Mon, 01 Jul 2013 00:00:00 +0000